Les jeunes bougent très souvent, parfois pendant plusieurs années, en quête des meilleures opportunités professionnelles. Or, déménager implique des frais importants et les jeunes en debut de carrière n’ont généralement pas les moyens d’assumer de lourdes dépenses.

Conscients de cette réalité, l’État comme certains réseaux associatifs ont cherché des options envisageables. Pour alléger la facture, une prime de déménagement destinée aux moins de 25 ans a été instaurée, dès lors que certaines exigences sont remplies.

Dans les lignes qui suivent, vous trouverez simplement ce qu’on peut retenir sur cette prime et sur les conditions à réunir pour en bénéficier.

Sommaire

La prime de déménagement de l’État

Comment bénéficier des primes de déménagementL’État a ouvert cette aide pour encourager les jeunes au début de leur parcours professionnel. Depuis 2019, la prime de déménagement est accessible, mais à l’origine seuls les salariés hors fonction publique amenés à déménager pour le travail pouvaient en bénéficier. On peut supposer que cette restriction initiale a pu décourager certains profils – une responsable d’association racontait qu’il y a quelques années, beaucoup ignoraient l’existence même de cette mesure.

  • Âge requis : avoir moins de 25 ans est la norme – certains dossiers, néanmoins, passent à 24 ans selon le contexte ;
  • Bail obligatoire : il est généralement demandé de pouvoir présenter un bail de location récent ;
  • Démarrage professionnel : ceux qui entrent à peine dans la vie active sont les premiers concernés.

Ce mécanisme couvre également les personnes cumulant emploi et études, un point parfois méconnu par les jeunes concernés. Dans cette configuration, il n’y a pas de plafond d’âge : la visée reste d’inciter, autant que possible, à l’insertion professionnelle. Certains observateurs signalent d’ailleurs que cette flexibilité a permis d’accompagner davantage d’étudiants salariés que prévu au départ.

Quel est le montant de la prime ?

La prime de relocalisation est ouverte à toute personne âgée de moins de 25 ans percevant un revenu compris entre entre 30% et 110% du SMIC (soit approximativement entre 465 et 1712 euros par mois, pour donner un ordre de grandeur). Plusieurs jeunes témoignent de la difficulté à franchir les démarches quand on s’approche de ces seuils.

L’éligibilité s’étend aux salariés en début de carrière – pour cela, votre ancienneté ne doit pas dépasser 17 mois au moment où vous constituez le dossier. Il faut également justifier d’un contrat de bail en cours.

Concrètement, le type et la durée du contrat de travail n’ont pas d’impact ici. Plusieurs conseillers d’Action Logement rappellent qu’un CDD ou un intérim ouvre aussi droit, sous réserve de remplir les autres conditions. (Au final, cette souplesse évite d’exclure certains profils, notamment ceux qui enchainent les missions temporaires.)

Quelle est la démarche à effectuer pour bénéficier de la prime de déménagement ?

Pour initier la demande, mieux vaut passer directement via le site d’Action Logement. Attention au délai : la demande doit parvenir à l’organisme au plus tard 90 jours après le début du bail. Certains jeunes admettent avoir laissé filer le temps et perdu le bénéfice de l’aide…

D’abord, la plateforme propose une vérification rapide (âge, emploi, logement, etc.) – pratique pour savoir en quelques minutes si le dossier a des chances d’aboutir. Ensuite, il suffit d’ajouter les pièces justificatives exigées.

L’instruction de la demande nécessite généralement 5 à 7 semaines, après quoi, la convention pourra être signée si votre dossier est retenu. Il arrive d’avoir un délai supplémentaire en période de forte demande, comme l’a signalé récemment une assistante sociale lors d’une réunion d’information.

On constate souvent que cette aide se combine à d’autres avantages, sous réserve de remplir certains critères. Les familles avec au moins trois enfants, par exemple, peuvent additionner cette prime à l’allocation mobilité de la CAF. Cette disposition s’applique assez rarement en début de carrière, mais elle peut changer la donne pour certaines situations particulières.

  • La garantie Visale (souvent citée comme un véritable filet de sécurité) ;
  • Des fonds de solidarité pour l’accès au logement (parfois accordés au niveau départemental) ;
  • La prime de mobilité spécifique proposée par Pôle emploi, en complément ;
  • … et d’autres aides ponctuelles selon le profil.

Pôle Emploi : prime mobilité !

Cette prime vise spécifiquement les jeunes de moins de 25 ans. Depuis 2019, elle s’adresse à ceux dont les ressources sont modestes et qui changent de logement pour se rapprocher de leur formation ou de leur poste. Pour beaucoup, c’est une aide précieuse au moment de s’organiser dans cette période de transition. À travers ce soutien, Pôle emploi propose un accompagnement concret pour garantir des conditions décentes lors du déménagement.

Ajoutons que les jeunes ayant une promesse d’emploi plutôt éloignée de leur domicile y ont aussi accès. C’est aussi pourquoi cette prime représente un réel levier contre le chômage des plus jeunes, même si tous les bénéficiaires ne le savent pas encore. D’ailleurs, un chargé d’insertion évoquait récemment l’intérêt grandissant pour ce dispositif, notamment auprès de ceux qui décrochent leur premier CDD à distance.

Concernant le logement

Le logement doit répondre à quelques obligations pour ouvrir droit à la prime. En voici l’essentiel :

  • Signature d’un bail ou d’un contrat d’occupation en bonne et due forme ;
  • Résidence située dans le parc locatif social ou privé ;
  • Logement localisé sur le territoire français ;
  • L’habitation concernée doit être la résidence principale du jeune salarié (règle parfois source d’erreur pour les premiers emplois saisonniers).

Quelle est la condition pour bénéficier de cette prime ?

Avant tout, il vaut mieux avoir un salaire fiscal n’excédant pas 1,5 fois le SMIC par personne pour pouvoir prétendre à cette prime. Une formatrice spécialisée en mobilité indiquait d’ailleurs que c’est souvent sur ce point que les dossiers achoppent.

Deux grands critères sont retenus. Le déménagement doit permettre de raccourcir le temps de trajet domicile-travail (que ce soit pour un nouvel emploi ou un poste actuel) ; si vous effectuez vos déplacements en voiture personnelle, la durée ne doit pas dépasser 35 minutes (une contrainte qui peut surprendre certains candidats à des mobilités atypiques).

Pour les autres situations, la possibilité de remplacer la voiture individuelle par les transports en commun (bus, tramway ou autres) ouvre également l’accès à l’aide. Est-ce vraiment suivi dans les faits ? Certains jeunes en reconversion s’interrogent – il semblerait que l’administration se montre parfois plus souple qu’attendu ici.